On imagine encore le stunt comme un truc de garçons en jogging qui font cabrer un scooter sur un parking de supermarché. La meilleure stunteuse que la France ait produite est une femme, elle a gagné des compétitions face aux meilleurs mondiaux, et Marvel l’a payée pour doubler une actrice à moto dans un blockbuster. Si tu tapes « stunt moto femme », c’est probablement elle que tu cherches, ou alors tu te demandes si toi aussi tu peux t’y mettre.

Le stunt, c’est l’art de piloter une moto en dehors de sa fonction normale: rouler sur la roue arrière (wheeling), sur la roue avant (stoppie), déraper, se tenir debout ou en équilibre sur une machine lancée. Une discipline acrobatique, spectaculaire, et exigeante physiquement. Rien n’y interdit aux femmes de performer au plus haut niveau, et le parcours de Sarah Lezito le prouve depuis plus de dix ans.

La femme qui a mis le stunt moto français sur la carte

Sarah Lezito, de son vrai nom Sarah Vignot, est née le 29 octobre 1992 à Épernay. Le surnom « Lezito » lui vient de sa sœur. À 13 ans, en 2005, elle commence les acrobaties non pas sur deux roues mais sur un quad, avant de passer à la moto à 16 ans sur une petite Yamaha 125 DT.

Son basculement vers la compétition arrive en 2011. À 19 ans, elle achète une Honda CB 500 pour disputer les Stunt Games en France, et elle finit première de sa catégorie dès sa participation. Deux ans plus tard, en 2013, elle devient la première femme à participer au Stunt GP de Pologne, le rendez-vous international de référence, aux côtés des meilleurs pilotes mondiaux.

La doublure de Scarlett Johansson

Le grand public la découvre grâce au cinéma. En 2014, un coordinateur de cascades la rappelle pour doubler Scarlett Johansson dans Avengers: L’Ère d’Ultron, sur une moto électrique Harley-Davidson LiveWire. Une femme aux commandes, une actrice à l’écran, et une scène qui a fait le tour du monde sans que la plupart des spectateurs sachent qui pilotait vraiment.

Les marques, la musique, les grandes scènes

Le milieu professionnel suit. En 2017, BMW Motorrad la contacte pour réaliser des performances sur une S 1000 R préparée pour la discipline. En 2018, elle apparaît dans le clip Alright de la chanteuse Jain, un clip qui, selon ses propres mots, montre des femmes talentueuses en dehors des clichés qu’on leur colle depuis des années. Et en 2024, elle exécute une démonstration lors d’une manche du MotoGP, sur le circuit Bugatti du Mans à l’occasion du Grand Prix moto de France, puis aux 8 Heures de Spa à Francorchamps.

Si tu veux vérifier chaque date et remonter aux sources, sa fiche encyclopédique détaillée recense toute sa carrière avec les références de presse.

Débuter le stunt moto quand on est une femme

Le stunt ne récompense pas la force brute. Il récompense le dosage de l’embrayage, du frein arrière, du point d’équilibre. Une affaire de finesse et de répétition, pas de biceps. Le plafond de verre n’existe pas ici: la machine ne sait pas qui la pilote.

Le vrai frein au démarrage n’est ni le genre ni le gabarit. C’est l’accès à un espace pour s’entraîner. On ne débute pas sur une route, on ne débute pas sur un parking public, et on ne débute pas seule dans son coin sans avoir vu quelqu’un faire avant.

Trouver un lieu et des gens

Le stunt se pratique sur terrain privé ou sur circuit fermé, dans le cadre de journées ou de stages encadrés. C’est là que tu apprends le premier wheeling en sécurité, avec quelqu’un qui régule ta prise en main. Beaucoup de débutantes commencent par le contrôle du frein arrière à basse vitesse avant même de lever la roue.

Si tu repars de zéro physiquement, les dispositifs de sport sur ordonnance et d’activité accompagnée servent à reconstruire une base avant d’attaquer une discipline aussi engagée.

Ne pas brûler les étapes

La faute classique de la débutante pressée, c’est de vouloir tenir un wheeling long avant de savoir le couper. Le premier réflexe à automatiser, ce n’est pas monter la roue, c’est la reposer proprement et couper les gaz au bon moment. Tant que ce geste n’est pas dans les mains, tout le reste est prématuré.

On débute sur une petite cylindrée, pas sur une 1000

Oublie la sportive de 1000 cm³. Sarah Lezito a commencé sur une 125 DT, puis une CB 500, avant les machines préparées des marques. La progression matérielle suit la technique, jamais l’inverse.

Le choix de machine suit ton niveau.

NiveauType de machineCe qu’on cherche
DécouvertePetite cylindrée basiqueLégère, pardonnante, réparable
ProgressionRoadster 500 à 600Couple souple, position droite
Discipline dédiéeSportive préparée stuntCage, pignon, protections

La machine de stunt confirmée n’a plus rien d’une moto de série. On la prépare: arceaux et cages pour encaisser les chutes sans tordre le cadre, plateaux et poignées pour tenir en équilibre, démultiplication modifiée du pignon pour lever plus facilement.

⚠️ Attention: une moto préparée pour le stunt n’est plus homologuée. Elle ne roule que sur terrain privé ou circuit, avec une assurance spécifique.

Ce que le stunt demande vraiment à ton corps

C’est la partie que les vidéos ne montrent pas. Tenir une moto en équilibre plusieurs secondes, corriger en continu avec les jambes et le tronc, encaisser les micro-chutes: tout ça demande un corps préparé.

Le gainage est central. Toute la stabilité en wheeling vient de la sangle abdominale et du bas du dos qui compensent en continu. Un travail régulier de la ceinture et de l’équilibre, comme celui qu’on retrouve dans une pratique posturale qui renforce le gainage profond, construit exactement les appuis dont tu as besoin sur la machine.

Les poignets et les avant-bras trinquent aussi, entre le frein arrière tenu longuement et les réceptions. Les douleurs articulaires reviennent vite chez qui néglige l’échauffement, et il vaut mieux apprendre tôt à distinguer une gêne musculaire d’une vraie souffrance articulaire plutôt que de rouler par-dessus la douleur.

Après une session de chutes, hématomes et courbatures font partie du décor. Certaines pratiquantes s’appuient sur des solutions locales, et les effets antidouleur et anti-inflammatoires du CBD reviennent dans les routines de sportives d’impact, sans remplacer un vrai repos.

Le stunt sur route, c’est un délit, pas une figure

Un wheeling sur une départementale n’est pas du stunt, c’est une infraction: retrait de points, suspension de permis, immobilisation de la moto, poursuites en cas d’accident. La discipline légale et assurable se déroule sur circuit ou terrain privé, avec équipement intégral, jamais sur la voie publique.

L’équipement qui te protège vraiment

Le stunt fait tomber. La question n’est pas de savoir si tu vas chuter, mais à quelle vitesse et comment tu es protégée quand ça arrive.

L’intégral est non négociable: casque intégral, dorsale, gants renforcés, bottes montantes, et une tenue qui tient à l’abrasion. Beaucoup de débutantes sous-estiment les protections de poignets et de chevilles, précisément les zones les plus exposées en réception ratée.

La combinaison n’est pas là pour le style. Elle est là pour que la glissade sur le bitume laisse une trace sur le cuir et pas sur ta peau.

Questions fréquentes

Le stunt est-il plus dangereux pour une femme que pour un homme?

Non, le risque tient à la discipline et au niveau de préparation, pas au genre. Une chute à basse vitesse sur terrain fermé, avec un équipement intégral et une machine à cage, expose une pratiquante exactement comme un pratiquant. Ce qui protège, c’est la progression encadrée et le matériel, jamais le hasard.

Faut-il le permis moto pour faire du stunt sur circuit?

Pour rouler légalement sur route avec une moto homologuée, oui, le permis correspondant reste obligatoire. Sur terrain privé ou circuit fermé avec une machine non homologuée dédiée au stunt, le cadre est différent et dépend de l’organisateur et de son assurance. Renseigne-toi auprès de la structure qui t’accueille avant de venir.

Peut-on vivre du stunt en France quand on est une femme?

Le parcours de Sarah Lezito montre que oui, mais par des voies multiples: compétitions, contrats avec des constructeurs comme BMW, cascades pour le cinéma, clips musicaux, démonstrations lors d’événements comme le MotoGP. Personne ne vit d’une seule de ces activités. C’est un métier de spectacle et de sponsoring autant que de sport.

Quel âge pour commencer?

Sarah Lezito a débuté les acrobaties à 13 ans sur un quad, puis la moto à 16 ans. Rien n’oblige à commencer aussi tôt: l’accès à un espace d’entraînement, à une machine adaptée et à un encadrement compte davantage que l’âge de départ. On peut débuter adulte, à condition d’accepter une progression lente et de ne pas viser les figures spectaculaires dès la première session.

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